Les Doctrinaires

On peut lire dans le Littré, à l’article « canapé » : « Sous la Restauration, le canapé, nom que l’on donnait aux doctrinaires, à cause que l’on disait qu’ils formaient une coterie si peu nombreuse qu’elle tenait sur un canapé. »

Que sont les doctrinaires ? Un parti introuvable ; plus encore que la fameuse Chambre du même nom à laquelle il succéda et dont il fut un rejeton encombrant et encombré ; le tout, dans une période historique elle-même et dans une large mesure, introuvable ; si l’on entend par là que, malgré les œuvres déterminantes d’historiens aussi éminents que Pierre RosanvallonEmmanuel de WaresquielFrancis Démier, pour n’en mentionner que trois, la Restauration (1814-1830) est et reste une période pour le moins méconnue du grand public, et même d’un public plus averti.

Qui sont les doctrinaires ? Si nous n’avons plus le droit désormais de méconnaître François Guizot (1787-1874), compte tenu des œuvres récentes et déjà classiques de Laurent Theis, nous ne savons toujours pas grand-chose des autres. Un peu, à grand-peine, presque rien de Pierre-Paul Royer-Collard (1763-1845), Victor de Broglie (1785-1870), Prosper de Barante (1782-1866) et Charles de Rémusat (1797-1875). Encore, s’agit-il des moins inconnus ! Du reste, le nombre réel des « membres » de ce « parti » est, et risque fort de rester indéterminé. Autour des cinq doctrinaires précédents, on trouve Louis Becquey (1760-1849), Camille Jordan (1771-1821), Hercule de Serre (1776-1824), Prosper Duvergier de Hauranne (1798-1881). Au total, cette nébuleuse minuscule que forment les doctrinaires impose de s’intéresser à une petite vingtaine de personnages historiques. Il est par exemple impossible de dissocier Royer-Collard et Quatremère de Quincy (1755-1849).

Ce site, qui promet d’être introuvable, a pour objectif principal de recenser, de référencer, de centraliser et de rendre disponible en ligne toute la documentation possible concernant les doctrinaires, et notamment Royer-Collard. L’ambition est de constituer une bibliothèque numérique, la bibliothèque des doctrinaires. Ce site s’adresse ainsi principalement aux chercheurs, qu’ils soient à l’université ou amateurs, mais également à un public plus large de passionnés – dont on ne peut douter qu’ils existent. Aussi, pour faciliter la tâche de ceux qui utiliseraient ce site pour travailler, les noms de personnes, les titres des œuvres, articles, documents, mais aussi les notions, concepts, etc., sont des liens cliquables et reconnaissables à leur couleur bleu canard, et s’ouvrent dans des onglets séparés.